Évolution du contrôle technique, démêler le vrai du faux

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En mai 2018, le contrôle technique en France va s’aligner sur la réglementation européenne. Cet alignement fera passer le contrôle vers une dimension plus proche de l’expertise. Les questions autour de ces changements restent nombreuses. Tentons de clarifier certains points.

En mai 2018, le contrôle technique en France va s’aligner sur la réglementation européenne. Cet alignement conférera au contrôle une dimension plus proche de l’expertise.
En mai 2018, le contrôle technique en France va s’aligner sur la réglementation européenne. Cet alignement conférera au contrôle une dimension plus proche de l’expertise.

En mai 2018, le contrôle technique va franchir une marche importante. Si les opérateurs cherchent à minimiser les changements, il n’en reste pas moins vrai que les évolutions attendues tendent à faire glisser le contrôle obligatoire vers une expertise du véhicule.

Même si les contrôleurs ne s’avancent pas et restent prudents sur l’évolution de nombre de contre-visites (aujourd’hui autour de 18 %) et sur l’évolution des tarifs, le tour de vis opéré aura forcement un impact sévère pour les automobilistes, mais bénéfique pour la sécurité routière.

Afin de répondre à certaines questions liées à ces évolutions, nous avons repris des éléments communiqués par la branche Contrôle technique du CNPA au travers du jeu du vrai et du faux.

La France n’en fait qu’à sa tête et a décidé de modifier la réglementation du contrôle technique : Faux

La réglementation du contrôle technique français découle de la transposition de directives européennes. La dernière directive, publiée en 2014, laissait quatre ans aux États membres de l’Union européenne pour modifier leur réglementation conformément aux nouvelles dispositions. Ainsi, le contrôle technique tel que connu aujourd’hui sera modifié le 20 mai prochain pour prendre en compte les évolutions imposées par l’Europe.

Une nouvelle sanction apparaît : Vrai

Aujourd’hui le contrôle technique peut donner lieu à deux résultats :
▪ « valide » y compris en présence de défauts mineurs, c’est-à-dire sans contre-visite (ce qui n’enlève rien à l’obligation de faire procéder aux réparations nécessaires comme le précise le Code de la route).
▪ « en contre-visite », c’est-à-dire avec des défauts majeurs nécessitant des réparations avec un délai de deux mois pour faire constater par un centre de contrôle technique la réalisation effective de ces réparations.

Demain, le contrôle technique pourra donner lieu à un troisième résultat dit « critique » concernant les véhicules dont l’état présente un danger immédiat pour la sécurité routière ou l’environnement.

Le nombre de points contrôlés va doubler : Faux

Aujourd’hui, le contrôle technique vérifie 124 points (répartis en dix fonctions). À partir de mai 2018, 131 points seront contrôlés (répartis en neuf fonctions), entraînant environ 396 défauts possibles parmi lesquels près de la moitié nécessite une contre-visite à réaliser sous deux mois.
En mai 2018, l’arrivée d’un troisième niveau de gravité (« critique ») entraînera une augmentation mathématique du nombre de défaillances potentielles, qui passera à près de 600, dont seulement 20 % sont critiques. Les points de contrôle seront beaucoup plus précis qu’aujourd’hui. L’automobiliste comprendra ainsi plus facilement le diagnostic mais également les réparations à effectuer car les défaillances sont mieux décrites.

L’automobiliste n’aura plus que 24 heures pour faire réparer son véhicule : Faux

Le véhicule qui sera en contre-visite « critique » sera quand même autorisé à circuler jusqu’à la fin de la journée. Il sera immobilisé après 24 heures de délai. L’automobiliste bénéficiera toujours d’un délai de deux mois pour faire constater par le centre de contrôle technique la réalisation effective des réparations.

La durée du contrôle technique va augmenter : Vrai

Si le nombre de points de contrôle n’augmente pas de manière significative, la façon de contrôler évolue. Les contrôleurs ne se contenteront plus de constater mais d’évaluer la dangerosité d’une défaillance, en se fondant sur sa probabilité d’apparition (ou d’évolution) et sur sa gravité. Cette évaluation du risque et de la dangerosité allongera donc la durée d’un contrôle technique. Aujourd’hui, le temps d’un contrôle technique automobile est en moyenne de 40 minutes. Demain, le temps de contrôle sera probablement allongé du fait de l’analyse des défaillances.

Le prix du contrôle technique va augmenter : Vrai

Le nombre de défaillances à évaluer, la durée du temps de contrôle mais également le niveau de formation et de technicité des contrôleurs vont augmenter. Alors qu’un CAP suffisait, à partir de 2018, l’entrée dans la profession ne pourra se faire qu’avec un bac pro. Le contexte conduira sans aucun doute à une augmentation de la prestation même si aucune enseigne ne souhaite aujourd’hui s’engager sur cette hausse. Pour rappel, le prix moyen d’un contrôle technique est aujourd’hui de 65 euros. Concernant la contre-visite, son prix moyen est de 14 euros.

À savoir aussi :

- Aujourd’hui quand un contrôleur ne peut pas contrôler un véhicule (trop sale, capot moteur ne s’ouvrant pas…), le véhicule se trouve en report de contrôle et sans date de validité pour circuler, donc en infraction. Demain, ce qui constituait un report de visite devient un point majeur et permet ainsi à l’automobiliste d’avoir deux mois pour effectuer les réparations nécessaires à la bonne réalisation du contrôle et à venir faire constater ses travaux dans un centre.

- Le contrôle technique opérera une comparaison du kilométrage du véhicule avec le relevé précédent. En cas d’incohérence, un signal sera envoyé au contrôleur afin qu’il vérifie sa saisie. Si l’incohérence est confirmée, une défaillance mineure sera inscrite sur le procès-verbal de contrôle.

- Le contrôleur vérifiera si l’équipement (FAP ou catalyseur) monté par le constructeur est bien présent, modifié ou défectueux.

- L’état de la carrosserie sera davantage pris en compte. Les « parties saillantes » de carrosserie, aujourd’hui en contre-visite, disparaîtront au profit des risques de chute d’éléments pouvant provoquer accident et/ou blessures.

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