mercredi 6 janvier 2010
Évolution économique des TPE en 2008
par Fabio CROCCO
Tous secteurs confondus, la France compte près de 300 000 TPE en 2008. Sur fond de crise financière, la consommation des ménages n’a crû que de 1 %, contre 2,4 % en 2007. Les prix, eux, ont augmenté de 2,8 %, contre 2,1 % en 2007. En conséquence de quoi, le chiffre d’affaires des TPE, plutôt stable, n’augmente que de 2,6 % (CA moyen établi à 262 000 euros), contre 2,8 % en 2007. Les effets sont plus marqués en ce qui concerne le résultat courant, qui enregistre une baisse de 1,6 %, à 36 000 euros.
Le secteur auto-moto en général
Le secteur maintient un bon cap, avec 1,8 % de hausse de chiffre d’affaires. Mais, comme la plupart des autres secteurs d’activité, celui de l’automobile a vu ses bénéfices diminuer en 2008, affichant – 1,1 %. Le secteur se caractérise par des hausses de charge de main-d’œuvre depuis dix ans. Pour l’ensemble du secteur du commerce et de la réparation automobiles, les ventes ont régressé de 2,8 % en volume. Réparer sa voiture dans le réseau constructeur présente un inconvénient : la main-d’œuvre y coûte plus cher que chez les réparateurs indépendants, 70 euros de l’heure en moyenne contre 45. C’est vrai aussi pour les pièces détachées, généralement facturées 20 à 30 % plus cher chez les concessionnaires. Sur une période de quatre ans, de 2005 à 2008, les charges de personnel du secteur croissent de 17,2 %. Dans le même temps, le chiffre d’affaires enregistre une progression de 9,6 %, tandis que le résultat courant ne s’améliore que très légèrement, de 0,6 %. En moyenne, ce dernier s’établit à 33 000 euros. En 2008, 16 % des entreprises ont gagné moins de 12 000 euros, soit l’équivalent du SMIC annuel net. Elles étaient 29 % à percevoir entre 12 000 et 24 000 euros et 23 % entre 24 000 et 36 000 euros. Dans la tranche de plus de 36 000 euros se situaient 32 % des entreprises.
Les carrosseries
La progression du chiffre d’affaires annuel se maintient autour de 3 %. C’est une constante depuis 2006. Les variations du résultat courant sont plus irrégulières. Cette année-là, elle est négative de 0,9 %. La libéralisation du marché des pièces serait synonyme de réduction des prix, alors que ceux-ci se sont accrus de plus de 5 % en 2008, parallèlement à l’envolée des cours des métaux.
Chiffres clés :
chiffre d’affaires : 237 000 euros (+ 3 %) ;
résultat courant : 30 000 euros (– 0,9 %) ;
main-d’œuvre : + 4,7 % ;
pièces de rechange : + 5,2 %.
Les stations-service
Depuis 2002, la consommation de carburant diminue en volume. La tendance s’amplifie pour atteindre – 3,2 % en 2008 ; c’est la baisse la plus marquée depuis 1974. Deux raisons principales à cela : les prix des carburants qui progressent fortement (+ 12,2 %) et l’effort des ménages pour consommer moins. La progression de 7,1 % du chiffre d’affaires est donc à relativiser. Les pompistes sont les seuls du secteur à percevoir une amélioration significative (+ 2,6 %) de leurs bénéfices.
Chiffres clés :
chiffre d’affaires : 1 296 000 euros (+ 7,1 %) ;
résultat courant : 35 000 euros (+ 2,6 %) ;
indice des prix : + 12,2 %.
Le secteur garage
L’une des caractéristiques de la profession est la régularité avec laquelle le chiffre d’affaires se développe. Depuis 2005, tous les ans, la progression se situe entre + 2 et + 3 %. Mais, chaque fois, c’est moins que la hausse des tarifs d’entretien des véhicules. Le garagiste répercute des coûts de fonctionnement toujours plus élevés. Il est en effet contraint d’investir en permanence dans de nouveaux outils de diagnostic et dans la formation du personnel pour pouvoir maîtriser l’électronique embarquée dans les voitures.
Chiffres clés :
chiffre d’affaires : 241 000 euros (+ 2,6 %) ;
résultat courant : 30 000 euros (+ 0,4 %) ;
indice des prix : + 5,4 %.
Le secteur garage, VO-VN, carburant
Depuis 2003, la profession n’a cessé de voir ses bénéfices diminuer. Cette fois-ci, le recul atteint 4,7 %. En conséquence, au classement interprofessionnel des résultats courants, les garagistes régressent de la 13e à la 17e place, avec moins de 36 000 euros en moyenne. Ils ne sont plus que 39 % à gagner davantage, contre 42 % un an plus tôt. En rendant quasi incontournables leurs diagnostics, les constructeurs ont gagné des parts de marché. Leurs réseaux de concessionnaires contrôlaient 47 % du marché de la réparation en 2001, aujourd’hui c’est 60 %.
Chiffres clés :
chiffre d’affaires : 660 000 euros (+ 1,3 %) ;
résultat courant : 36 000 euros (– 4,7 %) ;
indice des prix : + 5,4 %.
Le secteur garage, VO-VN
Les résultats reflètent ceux du secteur, à savoir un accroissement d’activité inférieur à 2 % et une diminution des bénéfices de plus de 1 %. Le supplément de recettes s’explique avant tout par l’augmentation des tarifs. C’est insuffisant face à la hausse des coûts de fonctionnement. Les immatriculations de voitures neuves ne baissent que de 0,7 %.
Chiffres clés :
chiffre d’affaires : 388 000 euros (+ 1,6 %) ;
résultat courant : 34 000 euros (– 1,1 %) ;
indice des prix VP : + 1,2 % ;
indice des prix d’entretien : + 5,4 %.



