L’évolution en 3 actes du contrôle technique

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Cathy Bieth, responsable du bureau contrôle technique au ministère de la Transition écologique, est venue présenter aux experts les changements attendus au niveau de l’examen. Entre expérimentations et réglementation, elle réexplique la situation.

Alors que le parc veillit, le gouvernement entend bien renfocer le contrôle technique.
Alors que le parc veillit, le gouvernement entend bien renfocer le contrôle technique.

Dans le cadre d’un symposium sur la thématique de l’éco-entretien organisé par le syndicat des experts en automobile, Cathy Bieth, responsable du bureau contrôle technique au Ministère de la transition écologique et solidaire (Direction générale de l’énergie et du climat), est revenue sur les différentes phases d’évolution du contrôle technique automobile. La responsable a tenu à dédramatiser la portée de ces changements en trois actes tant redoutés par les contrôleurs comme les automobilistes.

Acte un : renforcement du contrôle technique

Acte un : celui du 20 mai prochain et le passage de 123 à 133 points de contrôle. Cette première étape ne constitue pas une révolution pour Cathy Bieth, même si le nombre de défaillances explose avec 610 défauts possibles, dont 342 « majeurs » et 129 « critiques », une nouveauté. Ces deux derniers classements seront sujets à contre-visite avec un délai de deux mois pour effectuer les réparations. Avec un défaut « critique », le véhicule sera considéré comme en défaut de contrôle technique dès le lendemain de son passage en centre. Son conducteur est alors verbalisable. Libre à lui de rouler ou pas avec son auto non conforme.

Selon les propos de Cathy Bieth, ces nouvelles dispositions n’ont pas de raison d’entraîner un surcroît de contre-visites. Elles n’existent que pour mieux sensibiliser les conducteurs à l’état de leur véhicule. D’ailleurs, les nouveaux procès verbaux, qui se veulent plus pédagogiques, comporteront les valeurs limites pour un défaut afin que les automobilistes puissent juger de l’étendue des défaillances. Président de Sécuritest, Laurent Palmier estime, après avoir réalisé des simulations, que le taux de contre-visites pourrait passer de 18 à 40 % avec ces nouvelles mesures. Une estimation haute qui ne considère évidemment pas les dispositions que prendront les conducteurs avertis avant de se rendre dans un centre.

Acte deux : contrôle des émissions polluantes

Acte deux : celui du 1er janvier 2019 avec le contrôle de l’opacité des fumées émises par les diesels. Dans le cadre de la loi de transition énergétique pour la croissance verte, le Gouvernement a décidé que le contrôle des émissions polluantes des échappements (CO, CO2, O2, HC, NOx, particules et opacité) doit être renforcé. Il s’agira de vérifier que le moteur est à l’optimum de ses capacités thermodynamiques.

Durant dix mois, les services de l’État ont mené – non sans mal – des expérimentations pour établir les méthodes, les règles et les seuils de mesure dans dix-sept centres pilotes. Vingt-deux équipements analyseurs de gaz et bancs de charge moteur (Actia, AVL, Bosch, Capelec et Fog) ont été testés sur près de 16 000 véhicules.

Il en résulte que les mesures sont loin d’être simples dans leur mise en œuvre. « Les méthodes proposées sont incompatibles avec certains véhicules. Il y a un manque de cohérence des résultats avec une impossibilité d’établir des valeurs limites, en particulier sur les NOx », reconnaît Cathy Bieth. En effet, les tests ont montré que seule l’utilisation d’un banc de charge moteur avec un cycle de régimes bien défini (tests dynamiques) permettait la mesure des NOx et autres gaz. Les valeurs doivent être alors comparées aux maximums donnés par les constructeurs lors de l’homologation de leurs véhicules (valeur plaquée).

En attendant de poursuivre les expérimentations, le législateur a pris la décision, au travers des arrêtés du 21 décembre 2017, de renforcer dès l’année prochaine le contrôle de l’opacité des fumées diesel conformément à la norme NFR 10-025 : 2016. Celle-ci permet une meilleure détection des surémissions de particules fines comparables alors à la valeur d’homologation. De plus, seront indiquées sur les procès verbaux les anomalies « pollution » décelées par la gestion électronique EOBD.

En parallèle, les tests se poursuivent sur les véhicules à essence avec la collecte des niveaux d’émission de monoxyde de carbone, dioxyde de carbone, oxygène et hydrocarbures imbrulés en vue de déterminer à terme une traduction de l’état thermodynamique du moteur.

Acte trois : mesure des NOx

Acte trois : celui qui se jouera en 2022 avec la mesure des NOx. Le Gouvernement poursuit ses expérimentations. Il espère cette année développer et mettre au point un cycle spécifique pour mesurer en charge (véhicule sur banc de charge et moteur tournant) les émissions d’oxyde d’azote. Il lui faut caractériser les équipements nécessaires, le cycle (vitesse, régime et passages de rapport) et le protocole d’essais. Échéance envisagée pour la mesure des NOx : 2022.

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