Le libre choix de l’expert, la nouvelle bataille des syndicats

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Après une première victoire qui a abouti au texte de loi portant sur le libre choix du réparateur, les syndicats des professionnels de l’automobile axent désormais leurs revendications sur le libre choix de l’expert. La tension monte.

Le CNPA défend le principe du libre choix de l’expert par l’assuré.
Le CNPA défend le principe du libre choix de l’expert par l’assuré.

Le 27 octobre dernier, l’Association des journalistes techniques et économiques a tenté de réunir carrossiers et experts dans le cadre d’une table ronde. Sujet de la rencontre : le relationnel souvent douloureux qu’entretiennent les deux parties en désaccord sur le rôle économique de l’expert.

Hélas, les experts de l’ANEA comme ceux du BCA se sont défaussés refusant le face-à-face avec les organisations professionnels qui représentent les carrossiers. Preuve, s’il en faut, du fossé qui se creuse entre les réparateurs et le monde de l’expertise, souvent taxé d’être le gendarme de moins en moins impartial des assureurs. Pour les fédérations des réparateurs, le récent Code de déontologie que brandissent les experts ne serait que diversion.

La charte de bonnes pratiques signée entre les deux parties en 2013 puis en 2014, et qui devrait prochainement être révisée, tombe dans l’oubli. Au point que la FFC a fait parvenir fin septembre un courrier aux syndicats d’experts leur rappelant les engagements pris.

Selon le CNPA, les assureurs ont instrumentalisé l’expertise

La tension est montée d’un cran avec la croisade dans laquelle s’est engagé le CNPA depuis plus de deux ans. Ce dernier défend le principe du libre choix de l’expert par l’assuré. Pour le syndicat de Suresnes, quand l’assureur mandate un expert, il devient juge et partie, une situation anormale. En créant un lien économique avec les experts, les assureurs ont, selon le CNPA, instrumentalisé l’expertise qui n’est plus dans son rôle.

D’après l’organisation, si l’expert n’était plus délégué par les compagnies, tout le monde y gagnerait : clients, carrossiers, ainsi que les experts eux-mêmes, qui pourraient retrouver la valeur de leur travail sans la moindre pression économique. Dans ce schéma, le CNPA laisse la porte ouverte aux contre-expertises si l’assureur comme le réparateur n’était pas d’accord avec le rapport de l’expert missionné par l’assuré. Il y aurait donc potentiellement plus de travail pour les experts.

Cette prise de position du CNPA n’a pas manqué d’agacer fortement la Confédération française des experts en automobile, pour qui le syndicat n’a pas de légitimité pour prendre une telle position. « Notre profession est suffisamment organisée avec des instances légalement représentatives pour conduire son destin », tonne la CFEA.

Pour la CFEA pas question de rompre le lien avec les assureurs

Pour la CFEA pas question de rompre le lien avec les assureurs. Laisser les assurés choisir leur expert porte le risque important de désorganiser leur profession puisque les cabinets sont désormais structurés et dimensionnés comme des prestataires des compagnies, avec des secteurs et une clientèle bien définis.

Un entêtement paradoxal, car les experts le savent bien : les assureurs sont en train de les lâcher. Les compagnies s’interrogent de plus en plus sur leur utilité à l’heure du digital et de la big data. Le développement du chiffrage autonome du réparateur en atteste. D’ailleurs, conscients de la menace, les experts cherchent déjà à se tourner vers les consommateurs pour d’autres missions comme l’expertise des véhicules d’occasion ou de collection. Dès lors, pourquoi ne pas aller jusqu’au bout des choses et s’adresser aux particuliers en cas d’accident ?

Les carrossiers restent un maillon essentiel

Mais que les réparateurs restent sereins. A contrario des experts, ils restent un maillon essentiel avec un rôle central. L’avenir leur donnera raison s’ils savent répondre au mieux aux attentes de mobilité de leurs clients. À eux de s’organiser et d’apporter les bonnes réponses.

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