mercredi 25 mars 2009
Macif, Maif et Matmut unissent leurs forces
par Fabio CROCCO
Ce choix de statut, qui existe depuis 2001, permet de préserver l’identité, l’autonomie et le mode de fonctionnement de chacune des entreprises, conformément à la volonté affichée des trois mutuelles, tout en instaurant entre elles une solidarité financière dans un environnement concurrentiel tendu et en cette période de crise qui dernièrement a fait vaciller la Matmut et la Macif. Autrement dit, si l’un des trois groupes est en péril, les autres iront à son secours. Partenaires de longue date, les trois mutuelles collaborent déjà dans de nombreux domaines comme l’assistance, la gestion d’actifs ou encore le crédit à la consommation. « Ce projet de rapprochement traduit notre volonté partagée de pérenniser le modèle mutualiste et de favoriser le rayonnement de l’économie sociale » expliquent de concert les trois grands patrons mutualistes qui, par ailleurs, se montrent évasifs sur les synergies qu’ils entendent tirer de ce nouveau pôle qui assurera 10 millions de sociétaires avec un CA de 9 milliards d’euros.
Cette future alliance donne la réplique à Covéa, qui réunit depuis 2005 les mutuelles Maaf, MMA et GMF, mais avec toutefois un niveau d’intégration annoncé moindre. Ce qui ne rassure cependant pas complètement le monde de la réparation-collision, qui craint de ce rapprochement encore plus de pression au niveau de la gestion des sinistres. Et ce d’autant qu’en faisant cause commune les trois mutuelles deviennent le premier assureur auto. Covéa et la future SGAM représenteront d’ailleurs bien plus de la moitié du marché de l’assurance auto en France, ce qui devrait aussi préoccuper sur le plan de la concurrence les autorités réglementaires compétentes, appelées à se prononcer sur la réalisation de ce plan à trois. Cependant, la raison laisse à penser que les économies d’échelle et la mutualisation des moyens réalisées dans le cadre de cette alliance seront répercutées sur les tarifs d’assurance et sur la qualité de services. Inquiet par ce projet de rapprochement, le syndicat FO des assurances a d’ores et déjà demandé des garanties, notamment sur l’emploi et les salaires.



