TPMS : le grand bluff des constructeurs automobiles ?

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Les constructeurs automobiles ne manquent pas d’air ! Ils sont de nouveau pointés du doigt par l’association Transport & Environment, qui révèle dans une enquête que les capteurs de sous-gonflage des pneus (TPMS) ne fonctionneraient que durant les tests d’homologation…

Un TPMS défaillant peut être responsable d'un allongement des distances de freinage et d’une augmentation de la consommation de carburant.
Un TPMS défaillant peut être responsable d'un allongement des distances de freinage et d’une augmentation de la consommation de carburant.

Après les émissions polluantes, les systèmes de TPMS (tyre pressure monitoring system) sont à leur tour dans l’œil du cyclone ! L’association Transport & Environment (T&E) a publié ce 7 novembre un rapport dans lequel elle met en cause l’efficacité des dispositifs de surveillance de la pression des pneumatiques. Selon l’organisation non gouvernementale, qui regroupe une cinquantaine d’associations écologistes en Europe, les TPMS seraient optimisés par les constructeurs pour passer les tests d’homologation mais afficheraient ensuite quelques défaillances lorsque les véhicules sont soumis à des conditions réelles sur route.

Des TPMS à l’efficacité aléatoire

Pour parvenir à ces conclusions, T&E a mené, avec le partenariat de la société d’ingénierie automobile espagnole Idiada, deux séries de onze essais sur deux modèles, une Volkswagen Golf et une Fiat 500L, équipés de pneumatiques de marques différentes. Résultats : les deux systèmes TPMS des deux véhicules n’ont pas su détecter le sous-gonflage sur cinq des six tests au cours desquels les conditions d’essai différaient légèrement de celles du protocole officiel.

T&E a également mené des tests pour vérifier l’efficacité de l’avertissement de dysfonctionnement du TPMS. Ce dispositif a été conçu pour avertir l’automobiliste que son TPMS ne fonctionne pas correctement et ne peut donc détecter de sous-gonflage, l’incitant ainsi à le faire réparer. Dans les deux essais réalisés par Idiada, aucun des systèmes n’a su détecter de dysfonctionnement pour le notifier au conducteur dans un délai de dix minutes, délai maximal autorisé par le règlement CEE-ONU R64. « C’est particulièrement inquiétant puisque ça signifie que le conducteur se sent en sécurité car il ne sait pas que son TPMS est défaillant et qu’il ne l’avertira pas en cas de pression critique », déplore l’organisation écologiste.

Une technologie moins efficace et moins accessible

Précision de taille : l’ensemble des essais réalisés par T&E a concerné des systèmes de surveillance de pression indirects. Ce système se compose d’un capteur monté sur la jante et couplé au système ABS qui va mesurer le différentiel de rotation entre les roues et déterminer une différence de pression. Moins précis que le système direct, qui reçoit par fréquence radio ses données émises par un capteur logé dans chaque valve de gonflage, ce dispositif présente toutefois l’avantage pour les constructeurs d’être moins coûteux…

Transport & Environment rappelle dans son communiqué que l’inefficacité des TPMS indirects a déjà été reconnue par la Commission européenne et son groupe de travail W29. Ce dernier a d’ailleurs récemment adopté des amendements précisant que les systèmes TPMS doivent être opérationnels « dans un large éventail de conditions routières et environnementales » et qu’un défaut de l’avertisseur de dysfonctionnement ne peut être ignoré en raison de « conditions externes », un argument que les constructeurs peuvent actuellement utiliser comme dérogation.

Accueillant avec satisfaction ces amendements, T&E invite désormais l’Union européenne à renforcer les dispositions autour du TPMS avec une prise en compte des recommandations du W29 pour tous les véhicules particuliers neufs dès 2018.

Mots clefs associés à cet article : Pneumatique, Règlementation

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