Le Parlement européen vient d’adopter une résolution exigeant la généralisation sur les voitures neuves du dispositif “eCall” d’ici à 2015. Les députés ont pris cette décision après avoir constaté que seules 0,4 % des voitures du parc européen en étaient équipées. Rappelons que ce système est capable d’alerter automatiquement après un accident de la route, via l’appel d’urgence 112, les services de secours et ce, que les personnes concernées soient conscientes ou non, en état de communiquer ou non.
La FNAA et l’AESRA (Association européenne des services et réparation automobile) se félicitent en outre d’avoir été entendues par le Parlement en ce qui concerne les potentielles dérives anticoncurrentielles des moyens techniques de fonctionnement du eCall. Les deux organisations soulignent que si ces moyens ne sont pas strictement encadrés, ils peuvent favoriser une dérive anticoncurrentielle favorable aux réseaux constructeurs comme aux assisteurs, au détriment des acteurs indépendants de l’entretien, de la réparation et du dépannage automobiles. À titre d’exemple, la FNAA rappelle au Parlement européen que l’approche actuellement déployée par les constructeurs français, avec l’assentiment des assureurs, n’exclut pas une telle dérive. Ces derniers font conjointement la promotion du TPS eCall (TPS signifiant Third Party Services, ou services tiers) afin de pouvoir faire “ filtrer ” les appels par leurs propres plates-formes privées. Ce type d’approche, d’ores et déjà déployé par PSA Peugeot-Citroën, est dénoncé depuis plusieurs années par la FNAA. Le risque est effectivement grand de voir constructeurs et assureurs, ainsi placés en amont d’une alerte, privilégier leurs réseaux après-vente ou leurs réseaux agréés de dépannage et de réparation-collision en réorientant vers eux les incidents.
Dans sa résolution du 3 juillet, le Parlement européen a tenu compte des inquiétudes des artisans indépendants de l’automobile. À cet effet, il demande que le système eCall embarqué soit accessible gratuitement et sans discrimination à toutes les parties prenantes telles que les services de pièces détachées et d’après-vente, les fournisseurs d’équipement, les ateliers de réparation et les fournisseurs de services indépendants, d’assistance routière et de services associés. C’est maintenant au tour de la Commission européenne de soumettre une proposition dans le cadre de la directive 2007/46/CE qui doit mettre en forme le déploiement obligatoire du système.

