50 millions d’euros pour accompagner les équipementiers vers l’électrique

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Bruno Le Maire a indiqué vouloir augmenter le malus sur les véhicules très fortement pollueurs. Les taxes perçues seront reversées aux équipementiers pour les accompagner dans les mutations technologiques.

50 millions d’euros pour accompagner les équipementiers vers l’électrique

Contrainte par les pouvoirs publics de commercialiser des véhicules électriques qui peinent à s’écouler, la filière automobile souffre. Le Gouvernement souhaite pour 2022 atteindre un million de véhicules électriques sur les routes, sachant qu’il s’en vend actuellement environ 50 000 par an.

Fortement touchés par cette mutation technologique et son calendrier, les équipementiers ont dernièrement fait savoir par la voix de leur fédération, la Fiev, leur inquiétude. L’organisation demande une baisse de l’impôt de production et la fin des taxes sans concertation et à tout va sur l’automobile, au risque d’être asphyxiés.

La réponse est venue hier 2 décembre par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire avec l’annonce de deux fonds d’aide aux équipementiers. Une aide qui à première vue semble dérisoire et qui totalise une somme de 50 millions d’euros, dont la moitié pourrait garantir jusqu’à 200 millions de prêts.

Création de deux fonds d’aide aux équipementiers

La mesure suffira-t-elle à rassurer les sous-traitants ? « Nous pourrons juger de la pertinence des 50 millions d’euros lorsque nous aurons connaissance précise des modalités concrètes de mise en œuvre. Je souhaite personnellement une application la plus qualitative possible pour un ciblage visant à donner le plus possible de moyens, et d’anticiper les mutations indispensables pour le moyen terme » réagit Claude Cham, Président de la Fiev.

La prudence est donc de mise du côté de l’organisation. D’autant plus que pour financer cette aide le ministre compte taxer un peu plus les véhicules haut de gamme, gros pollueurs, en déplafonnant le malus. Des véhicules certes à faible diffusion mais pourtant bien souvent riches en équipements, générateurs de marges pour les équipementiers.

Pour Bruno Le Maire, ce déplafonnement est dicté par une logique d’équité. Pour rappel, le malus, qui vient déjà d’être augmenté de manière générale, devait être plafonné dès l’an prochain à 12 500 euros (à partir de 173 g/km de CO2). Selon notre confrère autoactu.com, il reste possible que le malus augmente de 500 euros par gramme supplémentaire avec toutefois un plafond à 20 000 euros. Mais rien n’est encore été officiellement annoncé.

Soutenir la filière en taxant les véhicules les plus polluants

Dans une posture plutôt protectionniste, le ministre indique que ce déplafonnement ne devrait pas pénaliser les véhicules construits en France et proposés aux catalogues des constructeurs nationaux. Il n’en reste pas moins que les équipementiers, dont l’activité n’a pas de frontière, restent attentifs aux impacts d’une telle mesure. «  Les mesures de fiscalités punitives ne sont pas celles que je préfère car je doute de leur efficacité réelle. Je ne pense pas par ailleurs que l’on puisse les justifier en arguant du seul fait qu’il s’agit de voitures de luxes étrangères » commente Claude Cham,

Bruno Le Maire a par ailleurs indiqué son mécontentement vis-à-vis de Bruxelles, qui impose aux constructeurs des objectifs d’émissions moyennes de CO2 (autour de 95 g/km) variant légèrement en fonction du poids global des gammes. Les constructeurs de véhicules plutôt lourds seraient moins contraints. Une règle qui selon le Gouvernement français pénalise les constructeurs nationaux, produisant de plus petits véhicules.

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