Allumage et préchauffage en perte de vitesse

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La bougie joue un rôle majeur au sein des organes moteurs, puisqu’elle aide au démarrage, permet des économies de carburant et réduit ainsi les émissions polluantes. Le marché des bougies d’allumage et de préchauffage en aftermarket démontre une tendance à la réduction en termes de volume, l’allumage bénéficiant de son côté d’une croissance en valeur.

Privilégier le préventif au curatif (© NGK)
Privilégier le préventif au curatif (© NGK)

De manière générale, au niveau du marché, il y a trois fois moins de bougies de préchauffage que de bougies d’allumage en termes de volume, selon les tendances du Gipa. Et dans les faits, les automobilistes changent beaucoup moins souvent leurs bougies de préchauffage qu’ils ne le devraient. Le parc de véhicules neufs est en croissance, et on observe une division par deux du nombre d’immatriculations diesel par rapport à il y a dix ans. À l’inverse, le parc roulant est toujours composé à plus de 60 % de véhicules diesel et de 37 % de voitures essence.
Une autre tendance défavorise les bougies : le downsizing du moteur leur laisse de moins en moins de place et les soumet à toujours plus de contraintes et de performances. En somme, pour répondre aux besoins du marché actuel, les bougies doivent être plus petites et plus résistantes face aux chocs.

Baisse en volume, hausse en valeur

Afin que les gammes s’adaptent « naturellement » aux tendances du marché, tout en couvrant 95 % du parc, les équipementiers proposent un assortiment de bougies d’allumage en nickel, iridium ou platine.
En ce qui concerne les bougies d’allumage, le volume est en baisse de 1 à 2 %, mais le prix est beaucoup plus cher grâce à l’écoulement des stocks de bougies d’allumage en métaux précieux (iridium ou platine). Chez Bosch, l’évolution du marché de l’allumage se fait en termes de portefeuille depuis le début des années 2000. Ainsi l’équipementier allemand a diminué son portefeuille européen, passant de 500 à 300 références de bougies, pour couvrir l’ensemble du parc, et ce en supprimant les bougies sans résistance. La gamme est donc simplifiée, mais les technologies ont, elles, été complexifiées (à cause notamment de la réduction de la taille du moteur). La tendance a également amené les équipementiers à développer une bougie pour un type de moteur (le bon métal précieux pour la bonne connexion). Concernant la problématique de stockage, Bosch répond aux distributeurs par un assortiment compact de 30 à 40 références pour couvrir 80 % des besoins.

Pour NGK, le chiffre d’affaires au global progresse de 4 %. Les bougies en métaux précieux affichent une belle évolution sur 2019, avec une hausse de 15 %. D’ailleurs, en quatre ans le volume des bougies en iridium ou platine a doublé, enregistrant une hausse de plus de 109 %. Ce qui est en phase avec l’évolution que connaît la première monte. Maryline Merlier, directrice marketing France et Maghreb de NGK, confirme : « Il y a quatre ans on a commencé à mettre des bougies platine ou iridium dans les moteurs. Donc on les retrouve aujourd’hui sur le marché de la rechange. » Enfin, les bougies en métaux précieux représentent 50 % du chiffre d’affaires de l’équipementier japonais, qui détient 50 % de part de marché. « C’est pourquoi nous pouvons accuser une légère baisse en volume et une hausse en chiffre d’affaires », explique-t-elle. Le basculement du parc est donc positif.
À tout aspect positif, il y en a un négatif. La contrainte à plus ou moins long terme de la bougie d’allumage en métaux précieux, c’est qu’elle est plus durable. La bougie d’allumage en iridium ou platine a une durée de vie plus grande qu’une bougie d’allumage standard, et le remplacement se fera donc moins souvent. Classiquement, on en change tous les 60 000 à 80 000 kilomètres. Avec une bougie en métal précieux, on peut pousser à 100 000, voire 120 000 kilomètres. Tout dépend bien sûr de l’usage du véhicule, du carburant utilisé, etc.

Les différents équipementiers ne proposeront pas de réelles nouvelles technologies pour l’année à venir en allumage. Remarquons simplement l’exigence des constructeurs, qui fabriquent des moteurs plus gourmands et performants, qui sollicitent plus les bougies qu’ils veulent plus performantes et résistantes. En 2020, NGK sortira sept ou huit modèles exclusivement en iridium ou platine, sans autres annonces que celles faites à l’occasion d’Equip Auto. Pour rappel, le catalogue 2020-2021 de NGK répertorie 500 références, 7 200 applications de 55 marques constructeurs pour un taux de couverture du parc roulant européen de 93 %.

De son côté Bosch, rappelons-le, a breveté l’association de l’allumage et de la magnéto il y a plus de cent ans. L’équipementier est fier de revendiquer par la voix de sa chef de produit bougies, Marlène Dupont, d’être un partenaire historique des distributeurs et synonyme de qualité et de fiabilité. Par ailleurs, Bosch est l’un des leaders en sport automobile et profite de cette discipline comme banc d’essais. L’équipementier allemand développe et teste ainsi beaucoup de ses gammes, notamment aux 24 Heures du Mans, puis il les intègre en série sur des voitures de tourisme. En 2019, l’équipementier d’outre-Rhin a retravaillé sur son offre retail, avec deux gammes pour les centres-autos et les supermarchés. Des gammes plus compactes avec seulement quatorze références, mais dont la couverture de parc a été améliorée. Pour 2020, l’objectif est de poursuivre les projets de développement en cours, avec les bougies d’allumage à la fin du premier trimestre et de nouvelles références en préchauffage dans peu de temps.
Mais Bosch n’est pas le seul à utiliser le monde du sport comme laboratoire, l’équipementier Champion essaie ses produits dans des sports mécaniques. La marque a participé au développement de produits pour chaque type de moteur. Champion met au point et fabrique des bougies d’allumage basées sur un large panel de matériaux et de conceptions afin de proposer une gamme complète d’allumage améliorée à la durée de vie prolongée, ainsi que des remplacements directs de bougies d’origine.

Une tendance baissière chez les bougies de préchauffage

Marlène Dupont remarque que, le parc diesel étant de plus en plus vieillissant, c’est donc le bon moment pour placer des bougies de préchauffage. Mais pour Maryline Merlier, 2019 ne sera pas dans les annales. La baisse de volume et de chiffre d’affaires des bougies de préchauffage est dans l’air du temps et valable pour beaucoup d’équipementiers dans le diesel. Le constat d’une baisse de 20 % se fait. NGK, qui détient entre 30 et 35 % de part de marché, propose de soulever trois causes à cette baisse.
La première est le climat. Rappelons en effet que le but premier d’une bougie de préchauffage est d’aider au démarrage du moteur par temps froid. Le temps clément, voire l’absence d’hiver, en 2018, 2019 et en ce début d’année, entraîne une diminution du nombre de remplacements, car les bougies sont moins sollicitées, donc moins abîmées.
Cause numéro deux : la météo clémente en termes de température, qui entraîne un surstock des clients distributeurs. Quand la présaison est proposée et les casiers des distributeurs préparés avec ce dont ils ont besoin, les clients ont encore en grande quantité les stocks de l’hiver d’avant. Il y a donc un effet de surstock chez les distributeurs, qui n’est intéressant pour personne. De leur côté, les distributeurs n’ont pas de commandes pour écouler les stocks, alors même qu’ils multiplient les opérations promotionnelles à prix net et/ou de déstockage, au niveau de leurs clients MRA et garagistes.
Enfin, la dernière cause évoquée est celle du parc roulant. Il est encore difficile à cette heure de mesurer son impact sur le marché de la rechange. L’impact se ressentira plutôt au fil du temps. Même si les alternatives au diesel demeurent timides, les discours négatifs sur le diesel, les aides et le 1,2 million de véhicules partis à la casse mènent la vie dure au parc diesel – donc au marché de la bougie de préchauffage – à la fois en première monte et en rechange. Maryline Merlier ajoute : « Je ne suis pas sûre que cela va s’arranger. »
Bosch se montre moins alarmiste. Marlène Dupont impute la baisse du volume des bougies de préchauffage au fait que les automobilistes ne changent que très rarement ces dernières, sûrement « parce qu’elles sont moins sollicitées qu’avant », dit-elle. Aujourd’hui, sur un véhicule récent il n’y a presque plus d’attente pour que le moteur soit chaud. Ainsi la bougie de préchauffage est-elle moins utilisée dans la phase de démarrage. Mais elle sera sollicitée au niveau du post-chauffage afin de maintenir la température et de réduire ainsi les émissions de particules fines. Marlène Dupont propose alors de sensibiliser sur cette nouvelle foncion de la bougie de préchauffage. Et, la chef de produit conclut : « La sensibilisation passe par la formation », et cela passe également par la rencontre avec les distributeurs et des commerciaux sur le terrain.

Comment inverser la tendance ?

La question qui se pose aujourd’hui est donc : comment inverser la tendance ? La ou les réponses ne sont pas faciles à trouver. Beaucoup de facteurs échappent, comme le climat et l’économie. Le préchauffage subit sa situation : s’il n’y a pas de besoin, pas de raison d’avoir du stock. Il reste la possibilité de tenir des discours auprès des particuliers et des garagistes. Les sensibiliser au remplacement régulier, avant que les bougies ne cassent, ce qui entraîne de plus grandes contraintes au démontage, un coût de main-d’œuvre et de pièces plus cher. Sans oublier qu’une bougie usée utilise plus de carburant, abîme le filtre à particules et donc pollue plus.

Dans le secteur des bougies d’allumage et de préchauffage, 2020 semble être une année d’observation pour les équipementiers, mais également pour les distributeurs. Le bilan, pour le moment plutôt positif pour l’allumage, et plutôt négatif pour le préchauffage, différera en fonction donc du climat des mois de janvier, février et mars, mais aussi des besoins des distributeurs. Un bilan, somme toute, en attente.

[Article complet à lire dans DA n°147]

Mots clefs associés à cet article : Bosch, NGK Spark Plugs, GiPA

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