Filière VI : les perspectives de l’OVI

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Dans sa dernière étude portant sur l’activité de la filière camion lors des six premiers mois de l’année, l’OVI fait un point sur l’impact de la crise sanitaire. L’Observatoire prédit une année à – 35 % pour les ventes de camions avec une reprise fin 2020.

L’Observatoire du véhicule industriel (OVI) prédit une année à – 35 % pour les ventes de camions, avec une reprise fin 2020.
L’Observatoire du véhicule industriel (OVI) prédit une année à – 35 % pour les ventes de camions, avec une reprise fin 2020.

Selon la dernière étude de l’OVI, à fin mai la quasi-totalité des entreprises de travaux publics ont retrouvé le chemin des chantiers. Mais les conséquences de la crise sur le chiffre d’affaires de l’année et sur l’emploi seront très lourdes pour le secteur. Le niveau d’activité n’est pas encore revenu à la normale ; en moyenne pondérée, il s’établit à 81 % à fin mai.

Concernant l’activité du bâtiment, des difficultés cumulatives ralentissent fortement les chantiers. En résultent des surcoûts estimés au minimum à 10 %. Au total, les entreprises anticipent une baisse de leur chiffre d’affaires de 20 % sur l’ensemble de 2020 par rapport à l’an dernier.

Un TRM fragilisé

Le secteur du TRM reste très fragilisé, avec des pertes de chiffre d’affaires considérables, sans réelles possibilités de rattrapage. Il existe une hétérogénéité entre les différents types de transport. Pour certains – c’est le cas du fret de véhicules automobiles, de meubles et menuiseries, ou celui lié au BTP –, 100 % ou presque de l’activité a été à l’arrêt total ou partiel ces dernières semaines. À l’opposé, le transport de produits médicaux, de denrées alimentaires ou d’animaux vivants a subi très peu d’arrêt, connaissant même une surchauffe. Le secteur de la messagerie s’est également bien comporté.

Du côté des chargeurs, un retour à la normale du niveau des volumes transportés est attendu pour la rentrée prochaine. Néanmoins, si une partie d’entre eux semble prêts à accepter des surcoûts ponctuels et la prise d’engagements sur des contrats à long terme, le TRM se trouve confronté à un effet de ciseaux.

Du côté des prix, plusieurs baromètres font état d’une baisse de 2 % en avril 2020 comparé à mars 2020. Une tendance qui devrait malheureusement se confirmer en mai. Entre la pression des chargeurs, la concurrence des pays de l’Est et les marges dégradées, la situation se tend pour les transporteurs car, parallèlement à la baisse des prix et du chiffre d’affaires, les coûts augmentent fortement.

La hausse du coût de revient au kilomètre provient également de la sous-productivité induite par la gestion de la crise (baisse du taux d’utilisation des véhicules, hausse du kilomètre à vide, etc.), ainsi que de l’augmentation des heures supplémentaires, qui a pu atteindre 15 %. La baisse du prix du gazole est significative : les clauses de répercussion à la baisse en pied de facture s’appliqueront et, dans le contexte actuel, ce sont les coûts des conducteurs qui restent le premier poste de charges.

Le marché du VO à contrôler

Pour ce qui concerne les ventes de véhicules, une situation très dégradée est constatée sur les principaux marchés, mais c’est en France que la situation semble la pire. Aux dires de la filière VI, les annulations de commandes sont limitées même si des reports peuvent être demandés. Ce sont plutôt les problèmes de délais de livraison qui apparaissent.

Dans les métiers de la carrosserie, tous les segments sont touchés. Pour ce qui concerne les commandes, la baisse d’activité est le résultat de l’arrêt des sites de production des constructeurs de rang 1, ce qui a privé les carrossiers-constructeurs de véhicules de base à compléter, transformer ou aménager.

Au-delà du marché du neuf, il faudra demeurer très attentif à l’évolution du marché VO, qui semble pour le moment et logiquement orienté sensiblement à la baisse. Restera à observer les réactions du marché : le report d’achat vers des véhicules d’occasion (dont les prix seraient devenus très attractifs) ou une désaffection susceptible de créer des surstocks et de gripper les ventes de véhicules neufs dans une filière où les ventes neuves s’accompagnent majoritairement de reprises de VO.

Une année à 38 000 camions immatriculés au mieux

Pour le second semestre, l’OVI fait l’hypothèse d’un arrêt de la chute des immatriculations progressif à partir du début du second semestre. Il tiendra à la concrétisation de commandes en stocks.

Le retard moyen de réception des véhicules à carrosser est de deux à cinq mois. De ce fait, les carrossiers-constructeurs, qui ont maintenu leur activité pendant la période de confinement, vont subir dans les prochains mois un creux dans leur production, faute de châssis à carrosser et à équiper.

Parmi les points clés qui vont conditionner les résultats à venir, le premier est le marché du VO, susceptible de bloquer celui du VN. La problématique de la capacité d’endettement des utilisateurs sera également centrale. Resteront enfin la nature et l’ampleur des programmes de soutien, qui pourraient bénéficier à la filière camion.

La fin de l’exercice 2020 devrait nous mener à un atterrissage assez brutal au regard de la fin de la précédente décennie, en haut de cycle, et nous donner une indication sur l’exercice 2021. « Si la situation ne s’aggrave pas, nous évaluons la baisse des immatriculations pour cette année entre – 30 et – 35 % et une baisse de l’activité après-vente de l’ordre de 10 % », estime l’OVI. C’est-à-dire un marché du + 3,5 t situé dans une fourchette de 35 000 à 38 000 unités, comme lors de la crise de 2009-2010. Les prémices d’une reprise sont attendues dès la fin de l’année, pour un rebond envisagé en 2021.

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