L’éco-maintenance s’invite dans les ateliers

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Dès cet été, un nouveau marché va éclore pour les professionnels de la maintenance : celui de la dépollution moteur. Un marché du décalaminage qui promet mais qui affole aussi la filière, mal préparée à la remise en conformité des véhicules polluants.

Dès cet été, un nouveau marché va éclore pour les professionnels de la maintenance, celui de la dépollution moteur.
Dès cet été, un nouveau marché va éclore pour les professionnels de la maintenance, celui de la dépollution moteur.

Cela fait dix ans que la filière de la réparation indépendante est mobilisée pour faire reconnaître le décalaminage du moteur comme une opération incontournable de la maintenance, au même titre que la vidange.

Car au-delà d’être nocif pour le moteur lui-même, qui souffre en silence, cet encrassement qui s’accumule peut entraîner jusqu’à 10 % de surconsommation de carburant et de bien plus forts rejets polluants. Ainsi, on estime que 60 % des véhicules en circulation ne seraient plus conformes aux normes pollution d’origine. Un constant préoccupant pour le ministère de la Transition écologique, qui a décidé de renforcer dès cette année le contrôle des émissions lors du contrôle technique afin d’assainir un parc qui peine à se renouveler. Ce renforcement des contrôles devrait être effectif dès le mois de juillet si le Gouvernement maintient cette date après un premier report de six mois tant l’addition risque d’être salée pour les conducteurs.

Un marché à 240 millions d’euros

Selon les estimations de Dekra, entre 5 et 7 % des automobiles ne passeraient pas le contrôle pollution. Sur les 25 millions de véhicules contrôlés par an, cela représente potentiellement 2 millions de véhicules recalés pour cause de pollution excessive ! Si l’on considère qu’une opération de décalaminage coûte 120 euros, un marché de 240 millions d’euros s’ouvre aux professionnels de la maintenance. Et c’est sans compter les revenus issus des offres de diagnostic en cours de déploiement au sein des réseaux – proposées autour de 30 euros – et le montant des réparations de remises en état pouvant se chiffrer en milliers d’euros (changement d’injecteurs, du turbo, de la vanne EGR, du FAP, etc.). Ces réparations pourraient concerner 20 % des véhicules.

Au final, la dépollution moteur pourrait générer entre 2 000 et 2 500 euros par mois de chiffre d’affaires additionnel par atelier. Du moins les premières années, avant que le décalaminage préventif ne fasse son chemin sous l’influence du devoir de conseil des professionnels. Alors que le marché du SAV automobile connaît une décrue, les bons chiffres de la dépollution moteur sonnent comme une aubaine.

Professionnaliser les ateliers

Le marché de la dépollution moteur à peine lancé, certains opérateurs cherchent déjà à en faire une affaire de spécialistes sur fond de guerre commerciale. C’est notamment le cas de l’association Éco-Entretien (AEE), qui a vu le jour en 2016. Elle fédère aujourd’hui les principales organisations professionnelles et enseignes de réparation. Son objectif est de mailler le pays avec 5 000 ateliers labellisés. Des prestataires à même de réaliser « une prestation de qualité officielle et homogène sur tout le territoire », explique l’organisation. « Nous devons prévenir les solutions de décalaminage empiriques proposées par des acteurs qui réagissent par opportunisme » argumente Jacques Rifflart, président de l’AEE qui espère atteindre les 1 000 ateliers labellisés cette année.

Dossier à découvrir dans le Décision Atelier 138 de mars.

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