Le 3e trimestre voit s’accroitre les liquidations judiciaires

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L’expert de la donnée d’entreprise Altares rapporte les chiffres des défaillances d’entreprises au 3e trimestre 2020. Le nombre des procédures est toujours à la baisse et atteint un niveau jamais vu depuis plus de 30 ans. Mais la proportion de liquidations judiciaires augmente très nettement et touche désormais 3 entreprises en défaillance sur 4, révélant une fragilisation alarmante du tissu économique.

Le dernier trimestre 2020 laisse clairement apparaitre que les entreprises se présentent devant le tribunal dans des conditions financières ne permettant plus d’envisager une poursuite d’activité. (© risq-ue2008)
Le dernier trimestre 2020 laisse clairement apparaitre que les entreprises se présentent devant le tribunal dans des conditions financières ne permettant plus d’envisager une poursuite d’activité. (© risq-ue2008)

Dans son rapport, Altarès laisse apparaître que le nombre de défaillances d’entreprise a augmenté cet été par rapport aux mois précédents avec un total de 6 702 procédures comptabilisées soit un niveau qui reste très en-deçà (-35,4 %) de ce qui était observé sur la même période en 2019. Il faut remonter à 1989 pour trouver des données aussi peu élevées sur 12 mois glissés à fin septembre. Mais l’expert dénonce que sur cette même période, les liquidations judiciaires concernent plus de 3 entreprises sur 4 (75, 8 % des procédures), soit 5 081 sociétés au total alors qu’elles ne représentaient l’an dernier « que » un peu plus de 2 procédures sur 3 (68,4 % à l’été 2019), Une tendance qui indique qu’à l’heure post Covid, les sociétés se présentent devant le tribunal dans des conditions financières ne permettant plus d’envisager une poursuite d’activité.

Une réalité en partie dissimulée
Ce 3e trimestre compte 2 000 liquidations judiciaires de moins qu’un an plus tôt mais ce chiffre ne traduit pas pour autant une amélioration aussi forte qu’il y parait. Habituellement 60 % à 70 % des jugements de redressement ou liquidation judicaires sont prononcés sur déclaration de cessation de paiement, soit à l’issue d’une démarche volontaire, initiée par l’entreprise. 30 % à 40 % des jugements sont à l’inverse déclenchés à la suite de l’assignation d’un créancier (notamment l’URSSAF). Des situations qui mènent dans la très grande majorité des cas à une liquidation judiciaire. Or, l’adaptation des textes réglementaires relatifs aux entreprises en difficultés durant l’état d’urgence sanitaire écartait notamment toute assignation par un créancier. Depuis, les moratoires restent fortement encouragés limitant le recours à l’assignation. Si durant l’été 2019, les assignations avaient été suspendues, 30 % à 40 % des liquidations auraient potentiellement pu être « oubliées », soit environ 2 500 procédures. Sur cette hypothèse, les 5 000 liquidations de ce troisième trimestre 2020 seraient alors à comparer aux 4 600 d’un an plus tôt, soit une augmentation d’au moins 10 %. Ce qui traduit une réalité en partie dissimulée.

L’état arrive, pour l’instant, à limiter les défaillances
Thierry Millon, directeur des études Altares précise : « Ces chiffres traduisent mal l’incertitude qui prévaut en cette fin d’année. Les obstacles à la poursuite des activités n’ont pas disparu mais ils ont été contenus pour permettre aux entreprises de reprendre leur élan. L’Etat l’a bien compris en prolongeant ou en élargissant l’assiette de certains dispositifs, par exemple le renforcement des soutiens aux entreprises impactées par les nouvelles restrictions sanitaires (fonds de solidarité, activité partielle, report des charges). On a aussi en tête la prolongation de l’indemnisation à 100 % de l’activité partielle pour les secteurs « protégés » comme l’événementiel, la culture, le voyage ou le sport. Ajoutons à cela le plan de relance de 100 milliards d’euros présenté par M. Lemaire début septembre. Ces efforts sont importants et nécessaires pour permettre à nos entreprises d’être au rendez-vous du redémarrage de l’activité en 2021.
Une explosion des défaillances est redoutée par beaucoup dès ce dernier trimestre 2020. Mais en réalité, alors que l’économie n’aura pas encore pansé toutes ses plaies, c’est davantage sur le premier semestre 2021 - à la croisée des chemins de la reprise très gourmande en liquidités, et des premières échéances des prêts garantis par l’Etat à rembourser au printemps - que l’heure de vérité pourrait sonner.
 »

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