Le CNPA prône une approche pragmatique de la crise

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A l’occasion d’une visioconférence, Francis Bartholomé et Xavier Horent, respectivement président et délégué général du CNPA, ont rappelé l’extrême urgence de la situation pour les services de l’automobile. Appelant à des décisions concrètes et surtout simples, pour pouvoir s’en tirer économiquement vers le haut, en temps voulu. Et l’activité après-vente inquiète aussi.

Le CNPA prône une approche pragmatique de la crise

En prenant la parole, Francis Bartholomé a d’abord fait référence aux nouveaux locaux du CNPA, espérant pouvoir prochainement les faire découvrir. Le ton s’est ensuite naturellement fait plus grave, car à court terme, le principe d’un nouveau plan de sauvetage s’impose à celui de plan de relance : « Ce nouveau confinement est nécessaire, la santé de tous est bien entendu la priorité. Au niveau du CNPA, nous sommes très légalistes, rappelons-le. Nous ne partageons pas les mêmes sujets que la grande distribution.
Les conséquences du premier confinement ont été difficiles, mais le rebond qui avait ensuite suivi était marqué, via un important travail sur les stocks et sur le VO. Ce qui a redonné de la trésorerie aux entreprises du secteur. Aujourd’hui, grâce aux aides de l’Etat, aux reports de certaines échéances, et à l’assainissement des stocks, il n’y a pas de souci majeur en termes de trésorerie. Mais cela ne saurait occulter les problèmes de compte de résultats. Et de perspectives qui s’ouvriront au secteur.
Nous pouvons rester ouverts au public, dans certaines mesures naturellement. Ce n’est pas sans une certaine complexité, car quand vous avez le droit d’ouvrir, il faut aussi être assurés que les clients viennent vous voir. Or, le mois d’octobre était déjà difficile, et les premiers jours de novembre sont très tendus, sur le VN, mais l’après-vente aussi. Donc pour les salariés et les chefs d’entreprises, le questionnement sur le recours au chômage partiel est inévitable, au même titre que le fait de savoir qui est éligible à quelles aides, voire à de nouveaux PGE.
Par rapport à l’ouverture des showrooms, quand c’est une fermeture administrative, on la respecte, c’est clair. Pour rouvrir totalement nos showrooms, il faut attendre le nouvel arbitrage du président de la République le 12 novembre. La variable ERP5 est aussi déterminante.
Par ailleurs, il conviendrait de supprimer la notion de « première nécessité », et c’est ce que nous mettons en avant auprès des pouvoirs publics. Une réflexion s’impose aussi sur les listes S1 et S1 bis, de plus en plus complexes. Enfin, nous voudrions une réactivation urgente des mesures de soutien à l’automobile. Un Comité stratégique de filière automobile se tient vendredi 6 novembre à Bercy : il faut confirmer le plan d’aides, y compris pour l’aval de la filière, voici notre premier objectif. En outre, pour le PLF 2021, peut-être faut-il surseoir les sujets qui peuvent plomber la filière (malus, malus au poids…). Et circonstances exceptionnelles obligent, choisir de suivre une feuille de route simple, dépouillée des sujets de débats trop complexes ou clivants »
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Se battre pour rester ouvert est une chose, mais encore faut-il qu’il y ait des flux suffisants pour ne pas risquer de trop lourdes pertes d’exploitation...

Et les dirigeants du CNPA d’ajouter :
A propos de la réouverture des concessions qui peut en fait poser un cas de risque économique ?
« Avec Christophe Maurel, nous travaillons sur le contrôle des flux en concession, d’où la mention d’ERP5 tout à l’heure. Autre sujet : qui voudra venir dans nos concessions en cette période ? Il faut vraiment prendre les décisions qui ont un effet économique positif. C’est le choix du chef d’entreprise, face à des menaces de nouvelles pertes d’exploitation, en plus de celles déjà prévues ».

A propos des loueurs de courte durée :
« Il y a quelques mois, nous avions réussi à les faire revenir dans le périmètre du tourisme, ce qui était légitime. L’enchevêtrement de textes depuis le premier confinement fait qu’il est aujourd’hui difficile de s’y retrouver, y compris pour des juristes. La situation est donc sous haute tension. Or, il faut que les acteurs bénéficient du chômage partiel et de fonds de solidarité. En effet, si les têtes de réseaux chutent, les franchisés peuvent exploser derrière. Il y a un problème avec des têtes de réseaux souvent étrangères. Difficile pour nos pouvoirs publics. Chaque pays va aider les siens, l’Allemagne le fait pour Sixt, les USA avec le Chapter 11, pour Hertz, par exemple. Il faudra aussi aider les réseaux. L’enjeu de la LCD est vaste, car des répercussions sur les constructeurs et le verdissement effectif du parc sont inévitables ».

A propos des auto-écoles :
« A ce sujet, je ne parle pas d’ambigüité, mais il faut des textes clairs et publiés. Ce qui est dit doit être transcrit. Les examens du permis sont différents des cours et cela ne peut pas conditionner les conséquences sur le principe d’entreprises fermées ou ouvertes. A nouveau, c’est la viabilité économique le juge de paix ».

A propos du click ans collect :
« C’est mesuré, cela ne pourra pas compenser la perte de l’activité normale. Et cela nous renvoie à des négociations à venir avec les constructeurs dans le cadre du futur règlement européen ».

A propos de l’après-vente :
« Nous avons fait la demande pour que la venue à un rendez-vous en atelier soit inscrite sur la feuille de déplacement des Français. Mais il faut être logique, si l’atelier est ouvert, c’est que les Français ont le droit d’y aller. Mais à nouveau, c’est mieux si on lève toutes les ambigüités en temps de crise. Or, avec l’enchevêtrement de textes que nous évoquions, les nombreux ministères parties prenantes sur les dossiers et leur masse de travail actuelle, il y a parfois un manque de coordination. Nous avions demandé un Délégué interministériel à la mobilité il y a quelque temps et nous réalisons aujourd’hui que cet interlocuteur aurait son utilité. Cela réduirait les délais d’allers et retours entre ministères et d’éventuels jeux de parasitage ».

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