Les défaillances d’entreprises de la période Covid-19

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L’expert de la donnée d’entreprise en France, Altares, publie aujourd’hui les premiers chiffres de la période Covid-19 qui démontrent, sans grosse surprise, une fragilisation inquiétante des PME.

Les données d’avril font émerger un signal fort sur la fragilisation inquiétante des PME.
Les données d’avril font émerger un signal fort sur la fragilisation inquiétante des PME.

Thierry Millon, directeur des études Altares, nous livre ce commentaire : « La crise du Covid-19 a provoqué un changement de paradigme total pour tous les acteurs économiques. Les règles ont provisoirement changé, et la confusion règne, parfois entretenue à coup de slogans cataclysmiques nourris de projections chiffrées parfois discutables. La sortie de l’orage violent qui nous secoue tous doit pourtant se préparer maintenant. Alors tentons d’y voir plus clair, et sans boule de cristal ! »

Sur les quinze premiers jours d’avril, période qui marque la reprise des audiences dans les tribunaux grâce à la visioconférence, 649 ouvertures de redressements et liquidations judiciaires et 30 procédures de sauvegarde ont été enregistrées en France. À titre de référence, sur la même période d’avril 2019, on en comptait 2 738. Des chiffres expliqués par la fermeture des tribunaux au début de la crise et par les ordonnances prises fin mars pour adapter les droits des entreprises en difficultés.

La fragilisation inquiétante des PME

Les données d’avril font cependant émerger un signal fort sur la fragilisation inquiétante des PME, en particulier celles qui étaient déjà en difficulté avant la crise. Sur la première quinzaine d’avril 2020, plus d’une défaillance sur dix concerne en effet une PME (12 %), contre un taux de 5 % observé un an plus tôt. À noter que les deux tiers de ces structures se trouvaient en cessation de paiement avant le 12 mars.

À ce stade, aucun secteur d’activité ne présente de taux de fermeture plus important par rapport à une période « normale ». La construction (22 %) et le commerce (22 %) se partagent près de la moitié des défaillances d’entreprises, devant les services aux entreprises et les cafés-hôtels-restaurants (14 %) et l’industrie (9 %).

À surveiller pour anticiper sur la suite

Deux échéances clés pourraient directement influer sur le rythme des défaillances. La première est celle du 24 juin, soit un mois après la fin de l’état d’urgence sanitaire. Jusqu’à cette date, la période dite suspecte qui permet de remettre en cause tout acte effectué par une entreprise en cessation de paiement est mise entre parenthèse. Passé cette date, les entreprises en cessation de paiement seront tenues de demander l’ouverture d’une procédure collective.

La seconde échéance est le 24 août. Jusqu’à cette date, soit trois mois après la fin de l’état d’urgence, l’état de cessation des paiements de l’entreprise est apprécié au regard de sa situation financière constatée au 12 mars 2020 (date retenue comme celle du début de l’état d’urgence sanitaire). Cela veut dire que, jusqu’au 24 août, une entreprise pourrait ne pas être considérée en état de cessation de paiement si elle ne l’était pas au 12 mars.

« Outre ces dates clés, il sera aussi important de mesurer les effets des plans d’aides et de relance que les pouvoirs publics, mais aussi les acteurs du privé, ont déjà initiés ou pourraient encore dévoiler dans les prochaines semaines (régions, banques, assureurs…) », ajoute le responsable.

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