PSA Peugeot Citroën redéfinit son modèle après-vente

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De gauche à droite : P. Ferreira, responsable pièces et services de PSA, X. Duchemin, directeur de Peugeot France, et P. Narbeburu, directeur du commerce France de Citroën.
De gauche à droite : P. Ferreira, responsable pièces et services de PSA, X. Duchemin, directeur de Peugeot France, et P. Narbeburu, directeur du commerce France de Citroën.

En quatre ans, PSA Peugeot-Citroën a vu son chiffre d’affaires “pièces” fondre. Cette érosion se monte à plus de 12 % pour la marque Peugeot et à près de 6 % pour Citroën. Résultat des courses : 60 % des pièces nécessaires à la réparation d’un véhicule du groupe ne sont pas vendues par le réseau et 40 % le sont par la réparation indépendante, à qui PSA ne fournit que 27 % des pièces ! Trop peu pour les marques, qui souhaitent reprendre la main sur ce marché.

Si la conjoncture – avec la baisse des entrées en atelier – explique ce repli, la concurrence exacerbée et l’infidélité des automobilistes (50 % des rouleurs en Peugeot ou Citroën quittent les réseaux de la marque au bout de trois ans) en sont aussi responsables. PSA souhaite aujourd’hui enrayer la chute. Le groupe passe ainsi à l’offensive pour regagner des parts de marché et améliorer sa compétitivité sans sacrifier les marges.

Repenser la logistique

Pierre angulaire de ce plan de redressement : une logistique entièrement repensée. Celle-ci s’avère aujourd’hui trop coûteuse et peu efficace. Coûteuse parce qu’elle n’est pas mutualisée (stock, livraison, commerce…) entre les deux marques, qui partagent pourtant 70 % de pièces sur le plan du chiffre d’affaires. Inefficace avec une distribution à la traîne dans son rôle de grossiste, qui peine à dépasser les 70 % de taux de service.

Face à ce constat, PSA a fait le choix radical de stopper la distribution des pièces par ses réseaux de concessionnaires (400 points de vente) et de mettre en place entre 40 et 50 plates-formes de distribution alimentées directement depuis Vesoul. « Notre analyse logistique s’inspire des meilleures pratiques, comme celles mises en place dans le milieu pharmaceutique » commente Philippe Narbeburu, directeur du commerce France de Citroën.

La cartographie d’implantation des entrepôts serait encore en gestation. Rien ne sera vraiment défini avant six mois. Seules une quinzaine de plates-formes sont opérationnelles à ce jour, dont la moitié sont des filiales du constructeur. Ce nouveau schéma vise à faire passer le taux de service de 70 à 85 % avec plus de choix et jusqu’à trois livraisons par jour vers les réseaux du constructeur mais aussi vers les agents de la marque comme vers les MRA. Sans oublier le réseau Euro Repar Car Service, dont le maillage sera porté à terme à 1 400 membres contre un millier prévu cette année.

Privés de la rémunération engendrée par l’activité “ vente de pièces ”, les réseaux primaires devraient compenser les pertes par de meilleures marges sur l’installation des pièces dans leurs ateliers, une plus forte fréquentation de ces derniers et la suppression du poids financier des stocks, dont 10 % souvent ne tournent pas.

Renforcer les moyens commerciaux et marketing

Les économies réalisées par une logistique plus efficace (15 à 20 % de gains sont attendus) seront orientées vers les moyens commerciaux et marketing. De nouveaux forfaits feront leur apparition avec l’ambition de regagner la confiance des automobilistes grâce à plus de transparence sur les prix et au développement des services.

Le constructeur a aussi annoncé sa volonté d’élargir considérablement son offre de pièces multimarques Eurorepar, aujourd’hui trop orientée vers les marques françaises (essentiellement du PSA pour véhicules de plus de 5 ans d’âge).

PSA a réalisé en 2014 en France un chiffre d’affaires pièces de 2 milliards d’euros, dont 7 % réalisés avec la gamme Eurorepar. Ce nouveau plan devra apporter une croissance à deux chiffres.

Mots clefs associés à cet article : Peugeot, Citroën, Euro Repar Car Service

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