Questions à : Jean-Marc Rivéra, secrétaire général de l’OTRE

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Fortement mobilisées durant la crise sanitaire, les entreprises de transport continuent leur mission malgré la forte baisse de l’activité. Une situation périlleuse qui va nécessiter des aides de l’État.

« Les transporteurs vivent assez mal le fait qu’il y ait encore des opérations de cabotage sur le sol français. » Jean-Marc Rivéra, secretaire général de l'OTRE.
« Les transporteurs vivent assez mal le fait qu’il y ait encore des opérations de cabotage sur le sol français. » Jean-Marc Rivéra, secretaire général de l'OTRE.

Décision Atelier : Comment les entreprises du transport encaissent-elles la crise ?
Jean-Marc Rivéra : On estime que 70 % des entreprises enregistrent une importante chute de leur activité. Une baisse pouvant aller jusqu’à 70 %, voire quasi-totale pour les TPE. Sont restés à un bon niveau les activités liées à l’alimentaire, les produits frais et de première nécessité. Il existe néanmoins de vraies difficultés de circulation, même si la situation s’améliore de ce côté-là.

DA : Quelles sont ces difficultés ?
JMR : Elles concernent l’accès aux sanitaires, aux douches, aux points de restauration pour les conducteurs. Ces derniers sont aussi mal accueillis chez les clients dans les zones de chargement. Les conditions de sécurité et de protection des conducteurs ne sont pas toujours mises en place. Entretemps, des textes de loi sont apparus pour mieux encadrer les choses mais on constate encore des manquements.

DA : Observez-vous un important absentéisme chez les conducteurs ?
JMR : Oui, de l’ordre de 15 % pour les activités de première nécessité. Mais la chaîne logistique tient bon. La vraie question pour nous aujourd’hui est de préparer la sortie du confinement et les conditions dans lesquelles nous allons continuer à exercer. Se posera encore plus la question de l’accès aux masques. Toutes les entreprises souhaitent s’en procurer pour apporter une sécurité maximale à leurs salariés. Des solutions se mettent en place avec le Gouvernement via la marketplace stopcovid19.fr.

DA : Avez-vous subi un fort taux de droit de retrait ?
JMR : Non. On salue sur ce point l’attitude de nos salariés, qui répondent présent. Ils ont à cœur de contribuer à l’effort national, comme le fait le personnel de santé.

DA : L’activité partielle est-elle reconnue pour l’univers du transport ?
JMR : Nous nous sommes battus pour obtenir cette reconnaissance, mais aussi celle qui porte sur la prise en compte des heures d’équivalence. Reste que l’application technique du dispositif est encore compliquée. Le calcul des taux sur les heures d’équivalence n’est pas clairement arrêté. Certaines Direccte ne sont pas clairement informées du dispositif. C’est un vrai souci pour les entreprises. Nous attendons une souplesse de la part des organismes de contrôle sur ce point.

DA : Craignez-vous des faillites de sociétés de transport ?
JMR : C’est une vraie inquiétude malgré les mesures annoncées par le Gouvernement. Les sociétés ont été fragilisées par le mouvement des Gilets jaunes et les grèves. Nous saurons rappeler le moment venu le rôle essentiel et vital du transport durant cette crise sanitaire. L’opinion publique a peut-être enfin vu le transport routier autrement que comme une activité dangereuse et polluante. Nous demanderons avec les autres fédérations de la profession des mesures d’aides spécifiques à notre secteur.

DA : Quels sont les types de transport les plus touchés par la crise ?
JMR : Le régional et le national. J’ajoute avec énormément de regrets que nos entreprises, qui font l’effort de rester en activité avec des contraintes fortes sur les plans économique et sanitaire, vivent assez mal le fait qu’il y ait encore des opérations de cabotage sur le sol français. Nous sommes très intrigués par les mesures de protection dont bénéficient ces chauffeurs étrangers à des milliers de kilomètres de leur base.

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