Rétrofit : séduisant, pertinent…mais couteux

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Contre toute attente, le retrofit a reçu l’approbation du Gouvernement qui a débloqué des aides pour les français qui souhaitent acquérir un véhicule thermique transformé en électrique. Le marché trouvera-t-il pour autant ses clients, hormis quelques professionnels dans l’obligation d’électrifier leur outil de travail ?

Séduisante et pertinante, la solution du rétrofit risque de pêcher par manque de compétitivité face au marché du VO électrique appelé à se developper.
Séduisante et pertinante, la solution du rétrofit risque de pêcher par manque de compétitivité face au marché du VO électrique appelé à se developper.

Le Gouvernement croit au rétrofit. Dans une récente prise de parole, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili a déclaré son soutien à cette nouvelle filière qui, d’ici à 2025, ambitionne d’atteindre 200 000 véhicules rétrofités et 30 000 emplois créés.

Le retrofit, qui consiste à transformer un véhicule thermique en électrique, risque de se heurter toutefois à une autre mesure gouvernementale : celle de la mise en place d’un bonus de 1 000 euros pour l’achat d’un véhicule électrique d’occasion. Une aide financière donnée sans condition et qui rend un peu moins compétitif le retrofit, dont une opération de transformation coûte tout de même pour l’heure entre 10 000 et 25 000 euros, plombée par le prix encore prohibitif des batteries. A ce prix-là, ne vaut-il pas mieux acheter une Renault Zoé d’occasion, vendue autour des 10 000 euros (hors prime), plutôt que de retrofiter sa veille clio ? La question se pose.

Précisons toutefois que le retrofit peut profiter d’une aide gouvernementale allant de 2500 euros à 5000 euros selon le revenu fiscal du client. L’accès à cette prime est conditionnée au fait d’avoir acheté le véhicule retrofité depuis au moins 1 an et ne pas le vendre dans les 6 mois suivant son achat, ni avant d’avoir parcouru au moins 6 000 km. Autres limites du rétrofit, il n’est pas possible sur des véhicules de moins de 5 ans et sur les automobiles possédant une carte grise « collection ».

Plutôt pour les VUL

Le retrofit pourra davantage trouver son marché auprès des professionnels qui œuvrent dans les grandes agglomérations, toujours plus nombreuses, où les véhicules Diesel seront interdits à court terme. Ces derniers pourront alors rendre électrique leur VUL couteux, dotés d’équipements spécifiques, plutôt que de réinvestir plusieurs dizaines de milliers d’euros dans un autre véhicule, de base électrique. Mieux encore, le VUL retrofité pourra être transformé sur mesure et adapté, en termes de puissance et d’autonomie, à l’activité réelle d’un artisan, d’un commerçant ambulant, d’un maraicher ou tous autres professionnels non sédentaires. Le moteur thermique ainsi changé pourrait même retrouver une nouvelle vie une fois reconditionnée et remis sur le marché de la pièce de réemploi.

Pionnier dans le retrofit, l’entreprise Transition-One, fondé par Aymeric Libeau, espère pourvoir atteindre des prix de vente autour des 5 000 euros pour une citadine retrofitée, prime de L’État incluse. Le fondateur assure que de nombreux professionnels de l’automobile, MRA et carrossiers, voient dans cette nouvelle activité une source de diversification. Quelques 250 candidatures pour se faire agréer installateurs ont été reçues par Transition-One. Reste que l’activité est très encadrée par L’État, et demande formation et audit.

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