Rétrofit : une solution éphémère ?

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L’Ademe dévoile son étude sur les conditions nécessaires à un rétrofit économe, sûr et bénéfique pour l’environnement. Cette dernière est basée sur trois scénarios pour un acteur possédant un véhicule diesel : continuer à l’utiliser, le revendre et acheter un véhicule électrique neuf ou encore le rétrofiter.

Rétrofit : une solution qui permet de diminuer les GES. (©Transition One)
Rétrofit : une solution qui permet de diminuer les GES. (©Transition One)

L’étude de l’Ademe démontre que le rétrofit est une « solution pertinente » car il permet de limiter les émissions de gaz à effet de serre ou de polluants et réduit l’usage de matières premières. L’Ademe constate également que si le parc des citadines pouvant être rétrofité l’était, leur conversion permettrait de réduire de 66% les émissions de CO2 par rapport au scénario de conservation du véhicule.

Une solution favorable aux véhicules lourds

Cependant, comme le démontre l’étude de l’Ademe, le modèle économique de la filière du rétrofit demeure incertain. Il est d’une part poussé par le déploiement des ZFE-m, mais d’autre part limité sur le long terme par l’objectif d’interdiction de vente des véhicules avec carburants fossiles à horizon 2040. Selon l’Ademe, « la filière parait ainsi éphémère sur le marché français, et il semble donc nécessaire de cibler les catégories de véhicules à développer. » De plus, l’étude constate une plus grande pertinence économique du rétrofit en termes de coût complet pour les véhicules lourds que pour les citadines. Ainsi :
 Dans le cas d’une citadine, le rétrofit coûte presque aussi cher, en coût complet au km, que l’achat d’un véhicule électrique neuf
 Dans le cas d’un autobus, le rétrofit coûte au contraire à peine plus cher que de continuer à rouler avec le véhicule diesel, alors que l’achat d’un bus électrique neuf coûte près de 50% plus cher que le rétrofit. Ceci s’explique par le fait que le rétrofit d’un autobus coûte deux fois moins cher que l’achat d’un bus neuf, et que le bus possède une forte valeur résiduelle en fin de vie. De plus, le rétrofit permettrait une baisse de 87% d’émission de CO2 par rapport à la conservation du véhicule et de 37% par rapport à l’achat d’un VE neuf.

Une opportunité pour les garagistes

Comme le remarque l’Ademe, de nombreux professionnels se sont déjà positionnés sur le segment du rétrofit des citadines. De plus, avec l’électrification progressive du parc de véhicules qui risque d’entraîner une baisse des activités d’entretien et de maintenance des garagistes, le rétrofit permettrait à la filière de se renouveler, de se convertir progressivement à la mobilité électrique et de conserver des emplois locaux.

Afin d’aider la filière dans son développement économique, l’Ademe recommande de :
-  Modifier certains textes réglementaires pour soutenir l’accès au marché des acteurs du rétrofit : clarifier la prise en compte des véhicules rétrofités dans les objectifs de renouvellement des flottes ; réviser certains aspects de l’arrêté rétrofit afin de réduire les coûts d’homologation.
-  Créer une filière industrielle du rétrofit par la mise en réseau des acteurs et renforcer les engagements des rétrofiteurs sur la maintenance et l’entretien des véhicules rétrofités après leur mise en circulation
-  Sensibiliser les potentiels clients (particuliers et collectivités) sur les bénéfices environnementaux de la solution rétrofit.

Mots clefs associés à cet article : Retrofit, Véhicule électrique

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